Salut salut ! Vous vous rappelez de x-Holding-On ? La fiction qui racontait les aventures de Claire et ses amies parties aux quatre coins du monde avec le groupe Simple Plan ? Ou alors vous venez de tomber sur cette fiction et vous vous apprétez à lire le premier chapitre ? En tout cas, bienvenue sur Juust-a-Shadow ! J'espère que vous apprécierez cette fiction que je me plais à écrire depuis déjà de nombreux mois ! Bonne lecture à tous =)






« Lorsque tout bascule, tout se détruit, lorsque les personnes en viennent à se haïr, il ne reste qu'un moyen pour échapper à sa propre destruction: partir, recommencer ailleurs. Lisa, une jeune française de 16 ans, saisit cette opportunité et part vivre au Canada. Arrivera-t-elle, là bas, à échapper à son passé ? A se contruire un avenir meilleur et trouver ce qui lui manquait en France ? Entre amour, amitiés, déceptions et révélations, cette jeune fille en apprendra plus sur elle même et sur ceux qui l'entourent, au risque de tout perdre... »






Je mets en ligne un nouveau chapitre quand j'en ai envie , environs tous les quinze commentaires, mais même s'ils ne sont pas toujours atteints je mets de nouveau chapitre car je n'aime pas laisser les lecteurs trop longtemps sans rien à lire. Et puis ce n'est pas comme sur mon ancienne fiction je ne raconte plus ma vie à la fin des chapitres même si parfois je ne peux pas m'empecher de laisser un petit commentaire ahah. J'espère que cela vous plaira, en tout cas j'ai déjà une trentaine de chapitres de près et tout est planifié pour la fin de cette fiction. Merci à tous et bonne lecture !
Alexandra.





Je suis aussi ici.

# Posté le vendredi 26 juin 2009 18:54

Modifié le vendredi 20 novembre 2009 15:22

# Chapitre 1

# Chapitre 1
Je m'aggripe au rebord du siège. La voiture vient de prendre un virage serré et mon estomac se retourne dans mon ventre. J'ai l'impression de ne m'être jamais sentie aussi mal. J'ai le c½ur qui s'emballe pour rien, mes mains tremblent et ma respiration est saccadée. C'est le stress. Me voilà dans un pays nouveau, entourée de personnes nouvelles avec des coutumes différentes ainsi qu'une drôle de façon de parler. Qu'est ce que je fais ici ?

« Ca va pas ma petite Lisa ?
- Si... Ca va. »

Elle, c'est ma grand-mère. Nana elle veut que je l'appelle. Lisa, c'est moi. 16ans, 1m67 et 50kg. J'habite désormais au 4 allée des Chardons à Montréal. Montréal... Rien que ce nom sonne bizarrement dans ma bouche.

« On y est. »

Nous y voilà, le pensionnat La Vallée, à 12km de Montréal. Je descends, tremblante. Il est 18h30 et nous sommes le 1er septembre. La rentrée des classes a lieu demain. Pour la première fois je vais passer une année en pensionnat, loin de mon pays d'origine. J'ai peur et un goût atroce dans la bouche.
Le directeur, à ce qui me semble, s'approche de nous et nous serre la main.

« Bonjour ! Tu es Lisa c'est ça ?
- Oui.
- D'accord, prends tes valises et suis moi dès que tu auras dit au revoir à...
- Ma grand-mère. »

Je me tourne vers Nana et lui fais la bise.

« Au revoir.
- Bonsoir ma grande, à dans deux mois. »

Je prends ma lourde valise, mets mon sac à dos et suis le directeur. Il me fait entrer dans le hall, nous passons devant une grande salle où de nombreux élèves mangent. Nous montons au deuxième étage –non sans mal- et M. Lavoisier me montre la chambre que je partagerai avec trois autres filles.

« Pose tes affaires ici et descends manger avec les autres, d'accord ?
- Oui. »

Je pose donc ma valise à côté du seul lit disponible ainsi que mon sac à dos. Je n'ai pas envie de manger, surtout pour me retrouver toute seule ! Enfin je n'ai pas le choix. Je descends les marches lentement, en regardant autour de moi. L'établissement a l'air immense ! Les dalles brillent, d'un gris sombre. Du lambris noir parcoure les murs. Un bruit de couverts et de voix me parvient depuis la salle des repas. Je passe devant l'accueil où un petit bonhomme touille son café avec sa cuiller et entre, nerveuse, dans la salle. Sur ma droite, une longue table longe le mur et une autre table semblable longe le mur gauche. Au fond, face à moi, se trouve une table plus petite où se trouvent les professeurs et les surveillants. Tout le monde est en train de manger et de nombreux yeux se lèvent vers moi. Pétrifiée, je suis restée à l'entrée de la salle, les joues rouges. J'aperçois sur ma gauche une place vide et m'y installe rapidement. Au milieu de la table se trouve un plat avec des tomates. Je me sers discrètement. Tout en mastiquant cette nourriture caoutchouteuse, je regarde autour de moi. Sur ma droite une grande fille, maigre comme un clou avec des cheveux courts brun foncés est assise. En face d'elle se trouve un garçon lui aussi brun et trapu qui parle la bouche pleine. Je ne comprends rien à ce qu'il raconte, personne ne lui a appris à fermer la bouche ? Il lève les yeux vers moi et voit que je le fixe. Mon regard se dirige rapidement vers mes tomates. Il avale enfin et continue son histoire. Je ne comprends toujours rien. Ca va être génial de suivre les cours s'ils ont tous ce drôle d'accent ! Déjà que pour comprendre mes grands parents ça n'a pas toujours été simple mais au moins ils faisaient un effort. Il faudra s'y habituer ! Cinq minutes plus tard, du hachis Parmentier remplace les tomates. Je prends un minuscule bout, l'avale en m'en vais parmi les premiers. Je remonte dans ma chambre -dure à retrouver- et déballe mes affaires. Moins d'un quart d'heure plus tard une petite brune entre dans ma chambre. Elle va dans la salle de bain et se brosse les dents. Elle ne fait même pas attention à moi ! Elle revient, me regarde de haut en bas et s'asseoit sur son lit, à coté du mien.

« Tu viens d'où ?
- Paris.
- En France ?
- Bin... oui.
- Ok. »

Elle s'allonge sur son lit, ses Converse rouges sur l'oreiller et enfile ses écouteurs d'Ipod. Je continue donc à plier mes affaires. C'est quoi cet énergumène ?

« Au fait, tu t'appelles comment ? »

Il fallait bien que je tente une approche ! Raté, le punk qui s'échappe de ses oreilles couvre le bruit de ma question. Je m'installe moi aussi sur mon lit et sors mon vieil MP3 reçu pour Noël il y a 4 ans. Green Day. Un peu plus tard, ma colocataire enlève ses écouteurs et me regarde. J'étais moi aussi en train de la fixer, ce qu'elle ne manque pas de remarquer.

« Pourquoi tu m'regardes croche ?
- Hein ? Quoi ?
- Rien laisse tomber... J'aime bien la toune que t'écoutes.
- Euh... La toune ?
- Je rêve ! »

Et elle se laisse retomber sur son lit avec un soupir.

# Posté le vendredi 26 juin 2009 19:05

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 18:38

# Chapitre 2

# Chapitre 2
Je me lève et entre dans la salle de bain. Je commence à me démaquiller, refoulant les larmes qui envahissent peu à peu mes yeux. J'attrape ma brosse à dent dans la trousse de toilette lorsque j'entends la porte s'ouvrir à nouveau et des voix s'élever. Les deux autres filles semblent être rentrées. Je finis de me laver et vais les rejoindre.

« C'est toi la nouvelle ? »

Qu'ils sont aimables dans ce pays !

« Salut. Oui c'est moi.
- Ok... Tu t'appelles comment ? »

C'est une blonde un peu forte qui me pose cette question.

« Lisa... et vous ?
- Moi c'est Joanna, elle c'est Carly, me dit elle en désignant une fille au visage carrée à côté d'elle, et l'autre greluche sur le lit c'est Julie.
- L'autre greluche elle t'emmerde ! »

Quelle ambiance chaleureuse par ici ! Carly me regarde d'un regard las et lâche froidement :

« Faites pas peur à la nouvelle dès le début, vous voyez bien qu'elle est terrorisée ! »

Super, partie comme ça je vais me faire appeler « la nouvelle » pour un bout de temps. Les filles occupent tour à tour la salle de bain et pendant ce temps je pars faire un tour dans les couloirs. Une fois sortie, j'emprunte le chemin de gauche et marche sans m'arrêter jusqu'à ce que je me trouve au bout. Je décide ensuite de descendre. A peine arrivée à la moitié des marches quelqu'un me rattrape.

« Qu'est ce que tu fous ? »

L'énergumène, le retour.

« Rien. Je marche.
- On peut pas se balader dans les couloirs après manger.
- Ah merde. Ok j'irai plus. Mais merci.
- De rien, me répond-elle alors qu'elle continue à descendre les marches.
- Bin tu vas où ?
- J'ai dit qu'on n'avait pas le droit, pas que personne ne le faisait ! »

Ah celle là ! On ne doit pas s'ennuyer avec elle. Je reste interdite au milieu de l'escalier pendant que Julie continue à descendre. Je la suis ou non ? D'un coté je ne sais pas où elle va et puis c'est interdit... Comme si la jeune fille lisait mes pensées, elle me lance :

« Viens, reste pas comme une cruche en plein milieu, on va se faire prendre ! »

C'est parti, nous voila au premier étage, celui des garçons si j'ai bien compris. Julie s'approche d'une porte et y gratte doucement. La porte s'ouvre sur un garçon blond, les cheveux en bataille et plutôt mignon.

« On peut entrer ?
- On ?? demande-t-il, surpris.
- Ouais, voici Lisa. Lisa voici Emeric. Bon c'est pas que ça me dérange de rester dans le couloir mais on va pas y passer la nuit !
- Je vais remonter je crois, je suis fatiguée, leur dis-je.
- Comme tu veux. A plus ! »

Et Julie entre dans la chambre, me laissant seule. Je remonte vite à la chambre pour y retrouver Joanna et Carly. Elles étaient assises sur le lit de cette dernière et se mettaient du vernis à ongles. Elles me regardent entrer sans un mot. Je pars me changer dans la salle de bain et me couche. Je sors un livre de la table de chevet : Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites de Marc Lévy. Un régal ! J'en suis aux deux tiers. Je l'avais emmené pour le voyage Paris-Montréal mais je n'avais pas réussi à le lire dans l'avion. Je l'avais donc commencé chez mes grands parents. Ces deux petits vieux me manquent un peu. J'ai passé deux semaines chez eux. Je ne les avais pas vu depuis... 12 ans. Je ne me souvenais même pas d'eux. Mon père est parti du Canada à l'âge de 25 ans pour tenter sa chance à Paris et ne voyait presque plus ses parents.
Joanna, souriante, s'assoit sur mon lit, me coupant dans mes réflexions.

« Tu veux que je te mette du vernis ?
- Non merci, c'est gentil mais je déteste l'odeur.
- Oh... répond-elle l'air déçu.
- La prochaine fois ok !
- D'accord. Tu lis quoi ? Toutes ces ch... commence-t-elle à lire sur la couverture de mon livre, connais po !
- C'est français.
- Ah ! C'est bien ?
- Très ! Cet auteur est génial, il a fait des livres sup...
- Non ! J'veux dire la France ? m'interrompt-elle.
- Oh... Oui... La France c'est tellement bien. Ca me manque.
- Pourquoi t'es partie ? »

Sans m'en rendre compte une grosse larme s'était mise à couler sur ma joue. Eh merde !

« Nooon pleure pas !
- Bravo ! Fous lui la paix maintenant, lui lance Carly.
- Oui, oui. Pleure plus, je te laisse tranquille. »

Elle m'embrasse sur la joue et retourne sur le lit de son amie. Je sèche cette foutue larme et me met à lire.

# Posté le lundi 29 juin 2009 12:49

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 18:38

# Chapitre 3

# Chapitre 3
Le lendemain le réveil sonne à 7 heures. Je me lève et vois que Julie est rentrée durant la nuit. On passe toutes les quatre sous la douche et à 8 heures nous descendons manger. Julie s'éloigne vers le garçon blond de la veille et me fait signe de la suivre. Je m'installe à côté d'eux et mange en silence.

« Elle est pas bien bavarde ta copine.
- Laisse la tranquille elle est nouvelle. »

Mais pourquoi tout le monde dit que je suis nouvelle ? C'est le jour de la rentrée, plein d'élèves doivent arriver chaque année !
Après manger nous allons ensemble dans le hall pour chercher nos numéros de classe. En chemin je lui pose la question qui me trotte dans la tête. Elle m'explique que la plupart des élèves arrivent au début du secondaire et que donc ici tout le monde se connaît.

« Ah ok ! Et t'es là depuis longtemps ?
- A peu près trois ans. Mon frère a été placé ici pour mauvaise conduite et comme mes parents trouvaient que c'était bien ils m'y ont envoyé aussi.
- T'as un frère ici ?
- Ouais, ce con a envoyé un élève à l'hosto alors il s'est fait virer. »

Nous arrivons en face des listes. Il y a 4 classes du niveau de première. Je parcours des yeux la première liste, essayant de lire les noms par-dessus les nombreuses épaules. Je passe ensuite à la seconde, Julie sur les talons qui ne voit rien, du haut de son 1m59. Voilà ! Lisa Lefrêne.

« Est-ce que tu vois Desrosiers écrit ? me demande Julie en criant à moitié.
- Euh... Oui ! Tu es là aussi. »

Je me retourne et lui fais un grand sourire de soulagement. Ce petit énergumène est plutôt sympathique finalement !
Direction la salle 12, au rez de chaussée. Le cours commence à 9 heures. Nous allons devant la salle, Julie connaît la plupart des élèves et ce sont tous, d'après elle, des fils à papa incapables de faire autre chose que lécher le cul des profs. Une petite bonne femme, les cheveux châtains coupés au carré et de grands yeux bleus s'avance jusqu'à nous et nous fait entrer dans la salle. Julie se précipite au troisième rang sur la gauche, je la suis. S'ensuit une heure interminable où Madame Carlier nous rabache le règlement intérieur ainsi que la difficulté des examens de fin d'année. A la fin seulement elle nous distribue un bout de papier vert fluo avec écrit en gras « Emploi du temps classe 22 ».

« Y a plus de 22 classes ?!
- Ouais y a environ 4 classes par niveau et ça commence à 12 ans.
- Ah je vois. »

La sonnerie –pire que tout ce que l'on peut imaginer- sonne enfin. Nous avons tous la matinée de libre et reprenons les cours selon l'emploi du temps à 13 heures. Nous partons nous balader dans le parc qui entoure l'école et Julie m'explique que la plupart des élèves sont externes. Elle raconte aussi qu'elle ne rentre qu'un week end sur deux chez ses parents. Vu qu'ils sont divorcés elle va tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre, elle ne les voit donc qu'une fois par mois. Il y a encore quelques semaines j'aurai pu la plaindre mais maintenant non, je ne sais même pas quand est-ce que je vais revoir mon père et mes deux petites s½urs ! Julie a bien compris que je n'aime pas parler du passé et encore moins de ma famille, nous ne sommes pas encore assez proches pour cela. Il faudra qu'elle attende un peu, je ne me confie pas facilement. Nous marchons toujours, une légère brise nous ébouriffe les cheveux. Nous parlons de nous, de l'avenir. Julie rêve de percer dans la musique. Moi, je ne sais pas. En fait je n'ai jamais su. Petite, alors que tous les enfants rêvent d'être pompier, astronaute, danseuse ou vétérinaire, moi je répondais « Ché po ». Eh bien ce « Ché po » est toujours d'actualité.
Il y a un grand nombre d'élèves dans le parc, certains externes se dirigent vers la grille pour rentrer chez eux. Nous longeons un bosquet d'arbres lorsque nous rencontrons un groupe de trois garçons. L'un d'entre eux, petit et brun comme Julie, lui ébouriffe les cheveux en ricanant.

« Casse toi Desrosiers, lui répond-elle sèchement.
- Hé petite s½ur, tu te rebelles ?
- Casse toi je t'ai dit ! »

Sans l'embêter plus, il part suivit de ses deux copains.

« C'était ton frère ?
- Ouais, quel crétin !
- Il s'appelle comment ?
- Qu'est ce que ça peut faire ?
- Rien... C'était juste comme ça.
- David.
- Ok ! Il a l'air sympa.
- Tu plaisantes ?! C'est un gamin immature et hyperactif. Il est infernal !
- Au moins on doit pas s'ennuyer avec lui.
- C'est clair ! Ses copains et lui se retrouvent sans cesse chez le directeur, nos parents piquent d'ces crises. Au moins, mes escapades nocturnes dans le couloir des garçons passent inaperçues, me dit elle en riant.
- J'imagine, dis-je avec un sourire. »

On retourne maintenant vers l'entrée. Julie veut me montrer le reste du lycée avant la reprise des cours. Il se compose de deux bâtiments : le A et le B. Au rez-de-chaussée se trouvent les salles de cours, le réfectoire, les salles administratives et l'infirmerie. Au premier étage il y a le couloir des garçons et au deuxième celui des filles. Après avoir fait un tour on s'installe en salle de permanence et sortons notre emploi du temps. Chaque jour nous commençons les cours à 9 heures et finissons à 16 heures sauf le mardi à 17 heures et le mercredi à 11 heures. Midi sonne enfin et nous nous dirigeons vers le réfectoire. On s'installe à côté de Carly et Joanna, nos camarades de chambre. Elles sont ensemble dans la même classe, la 23. On parle de tout et de rien. J'apprends que Julie ne sort pas avec Emeric mais que ça ne saurait tarder. Quant à Carly elle n'a jamais eu de petit ami et Joanna sort en ce moment avec un certain Paul, âgé d'un an de plus. Ces deux filles sont totalement opposées, je ne comprends pas comment elles font pour s'entendre ! Joanna a toujours le sourire et semble être la joie de vivre même. Alors que Carly parait taciturne ainsi que plus renfermée sur elle-même, et elle continue à m'appeler la nouvelle !

# Posté le dimanche 05 juillet 2009 15:32

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 18:39

# Chapitre 4

# Chapitre 4
Nous sommes toujours à table lorsque David, le frère de Julie, vient vers nous avec ses deux amis. Ils s'installent à côté de nous sans un mot. Je me retrouve avec David sur ma droite et un grand gaillard joufflu en face.

« Salut, me lance celui-ci, je m'appelle Pierre. C'est toi la nouvelle ?
- Je préfère Lisa.
- Ok... Lisa. Tu viens d'où ?
- De Paris.
- Oh cooool ! Ca doit être trop bien là bas. Est-ce que la tour Eiffel est tout le temps allumée ? Et la bouffe est bonne ? Et les filles elles sont vr...
- Laisse la respirer Bouvier ! lui dit le garçon assis à sa gauche, plus petit, les cheveux châtains et les yeux noisette. »

Je lui souris pour le remercier, je n'aime pas être le centre d'attention. Les garçons se mettent à parler de leur cours suivant : EPS, tandis que Joanna et Carly reprennent leur sujet préféré qu'est le vernis à ongles. Julie et moi finissons nos assiettes et montons dans la chambre. Je prends mon sac à dos et y glisse trois cahiers et une trousse. Nous avons Géographie, le cours le plus chiant que je connaisse. Nous y allons et nous installons au fond. L'heure passe, la suivante aussi. C'est l'heure de la récréation. Je pose mon sac dans le hall, comme le font les autres élèves et suis Julie dans le parc. On s'installe sur un banc, elle sort son Ipod et elle me fait écouter un groupe Québécois que je ne connaissais pas. Cinq minutes plus tard, je sens quelqu'un derrière moi.

« Lui fais pas écouter un truc pareil ! s'exclame David après avoir écouté la musique qui s'échappe de l'écouteur de sa s½ur. Tiens, me dit il en tendant son propre écouteur. Je l'enfile donc et écoute sa fameuse « toune ».
- Hé c'est plutôt pas mal !
- Haha qu'est ce que je t'avais dit ! Ta copine apprécie la bonne musique, pas ta merde de caribou !
- DAVID !
- Bon faut que j'y aille. Babye ! »

Et il s'en va, m'arrachant l'oreille au passage.

« Il m'énerve c'est pas possible !
- Haha, c'est vrai qu'il est un peu lourd.
- Pas qu'un peu...
- C'était quoi ce qu'il m'a fait écouté ?
- Un truc qu'il a fait avec son groupe je suppose.
- Ah il a un groupe ?
- Ouais, enfin si on veut. C'est quatre gamins immatures qui se réunissent dans le sous-sol de la maison de mon père.
- Ok je vois, dis-je en riant.
- Il leur manque un nom, un guitariste et du talent !
- Mais non c'est pas trop mal ce qu'ils font.
- Mouais... Bah si tu veux samedi je vais chez mon père, David aussi et ils font une répèt'. Tu voudras venir passer le week-end à la maison ?
- T'es sure que ça dérange pas ? Déjà que tu vois pas ton père souvent, je veux pas m'incruster.
- T'inquiètes pas va ! Il doit sûrement avoir quelque chose de prévu avec sa pouf. Pi ça me fera des vacances de pas voir la sale tête de David toute la journée.
- Ca marche ! Je préviendrai mes grands parents pour qu'ils appellent l'accueil, je présume qu'il faut demander l'autorisation de sortir.
- Ouais mais ils sont plutôt cool. »

Super ! Je ne passerai pas le week-end toute seule ! Nous nous levons et partons vers la salle d'anglais. En chemin on continue de parler.

« Tu joues d'un instrument ?
- J'ai fait pendant 6 ans du piano mais j'ai arrêté il y a 3 mois. Et toi ?
- Pourquoi tu as arrêté, ça t'emmerdait ?
- Non non... Je n'avais plus le temps on va dire.

Julie remarque que je suis gênée, c'est sûr. Je ne sais pas mentir !

- Moi je fais de la guitare et un peu de basse, quand je pique celle de mon frère.
- Ton frère est le bassiste du groupe ?
- Ouais.
- Pourquoi tu demanderais pas à rejoindre son groupe en tant que seconde guitare ?
- Ca va pas la tête ? Quel mot tu comprends pas dans « je peux pas blairer mon frère » ? Déjà que le croiser trois fois par jour ça me saoule alors le week-end en plus et avec sa bande d'attardés, pas question ! »

Le prof d'anglais arrive et nous fait entrer. Durant le cours on continue de parler du groupe de son frère. Elle m'apprend qu'en plus de Pierre, le joufflu de la cantine, il y a Chuck à la batterie et Jeff à la guitare. Julie semble bien aimer Jeff. Il est « un peu moins con que les autres » d'après elle. Sûrement parce qu'il a un an de plus. L'heure finit et on se dirige vers le bâtiment B pour le cours de maths. En chemin on croise le fameux Jeff. Il fait un clin d'½il à Julie en passant à côté de nous. Tout de suite j'ai compris ce que voulait dire Julie, ce gars a l'air vraiment gentil. Son piercing à la lèvre, sa fossette au menton ainsi que sa démarche lui donnent un air décontracté, comme si rien ne pouvait le perturber.

# Posté le mercredi 08 juillet 2009 18:42

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 18:39